Citation de Normand Baillargeon sur la hausse des frais de scolarité

Ces derniers jours, j’étais en train de lire l’excellent Je ne suis pas une PME, de Normand Baillargeon. Ce livre parle de l’importance de l’université publique. Vu le printemps que nous vivons, je trouvais cet extrait particulièrement à point (un bien compossible est un bien tel que celui ou celle qui les transmet ne cesse pas de les posséder) :

« La défense d’une université publique passe encore, toujours au nom de cette norme de compossibilité, par une lutte contre l’accroissement des frais de scolarité, qui constitue une arme précieuse pour les intérêts dominants de nos sociétés dans l’appropriation des biens produits à l’université, notamment par la fonction d’endoctrinement qu’elle est susceptible de remplir. Chomsky l’expliquait ainsi – on sait que les frais de scolarité sont dramatiquement élevés aux États-Unis : « Si, pour aller à l’université, vous devez contracter une dette importante, vous serez docile. Vous êtes peut-être allé à l’université avec l’intention de devenir un avocat qui défend des causes d’intérêt public; mais si vous sortez de là avec une dette de 100 000 $, vous devrez aller travailler dans un bureau d’avocats pratiquant le droit corporatif. Et si vous dites : « Je vais y aller le temps de rembourser ma dette et ensuite je serai un avocat qui défend des causes d’intérêt public », ils sont assez brillants pour savoir qu’une fois que vous êtes piégé au sein de l’institution, vous en assimilez les valeurs et intériorisez bien d’autres choses, et vous devenez un avocat qui pratique le droit corporatif » (pp.73-74)

(Publié le 7 avril 2012)

<< GGI : Front commun des fédérations étudiantes

  • Yohan Valin

    Il serait TRÈS facile de financer les hausses et sûrement bien d’autre chose. Il faudrait SIMPLEMENT couper TOUT alcool sur les comptes de dépenses de tout la fonction public.

  • Pierre Tremblay

    Il faut comprendre que les facultés en grève sont celles des sciences sociales, donc celles qui a peu ou pas d’impact sur l’économie Québécoise. Elles sont en fait celles non productive et le gouvernement le sait. C’est pourquoi qu’il n’y a pas de raison de s’inquiéter. De toute façon la majorité de ces étudiants finiront par trouver un emploi non conext à leur diplôme. Cet investissement dans ses secteurs doit simplement être réduit puisque c’est à fonds perdus. Malgré le fait que nous sommes la province avec les taux de scolarité les plus bas au Canada, nous sommes après 30 ans la province la plus pauvre, la plus endetté et la plus taxé.
    Comme pour la Grèce, nous pourrons renverser ce mouvement, ou plutôt les banque renverseront se mouvement social puisque nous seront bientôt acculé à la faillite de l’état. Avec maintenant près de 140% de dette vs le PIB (Fédéral et Provincial), la Grèce avait 160%, on pourra enfin couper dans les services dont nous n’avons pas les moyens et que nous empruntons pour nous offrir les services. On pourra couper dans le financement des études, la santé, les pensions des fonctionnaires, leurs salaires et le nombre qui dorment au gourvernement.

    J’encourage donc cette grève, puisque la majorité des étudiants qui font des études notables (medecis, avocats, ingénieurs et comptables) proviennent de familles nanti. Le gel des frais permet donc de maintenir l’écart entre la classe supérieur et la classe moyenne, hé oui, la classe moyenne continuera de payer les études de familles riches.

    Un gros merci a Gabriel Nadeau..

    So so so, solidarité