Enseignement et recherche
J’ai la chance d’être enseignant et de faire de la recherche (je termine ma maîtrise).
Pour un procrastinateur comme moi, il est plus facile de faire de l’enseignement.
Pourquoi ? Parce que la session de cours (l’objectif au complet) est subdivisé en petits objectifs réalisables à chaque semaine. Je peux donc arriver à ne pas toujours voir tout le travail qui sera demandé, mais seulement ce qui m’est demandé d’ici le prochain cours. Lors de la correction, je sais que lorsque j’aurai terminé la pile qui est devant moi, j’aurai terminé et je pourrai célébrer.
Par contre, la recherche est toute autre. C’est un gros projet, durant 2 ou 3 ans. On ne sait jamais vraiment quand on a terminé. A-t-on exploré tous les cas possibles? Peut-on creuser plus loin ? Oui, toujours plus. De plus, lorsqu’on traduit cette réflexion de façon écrite (dans un mémoire, par exemple), on peut toujours revenir au texte, le corriger, l’améliorer, etc. C’est beaucoup moins clair quand on a fini une partie.
C’est beaucoup plus facile de voir la quantité faramineuse de travail qui est demandée, ce qui est parfois très paralysant lorsqu’on essaie de travailler. Le truc est donc…de commencer. Un truc qui marche est de dire : je vais travailler là-dessus 5 minutes, et là, on est parti, on ne peut plus s’arrêter.
Ce qui aide aussi, c’est de se fixer un objectif mesurable. Pour la rédaction, on peut se fixer comme objectif d’écrire au moins une page par jour, par exemple. Comme ça, peu importe ce qui se passe, au moins on avance toujours un peu !
Certains vont plutôt dire : pour avancer, il faut être tranquille, il faut travailler quand il n’y a pas de distraction : la nuit.
La recherche peut aussi être traître parce qu’on est toujours en train d’y penser, mais le problème est surtout qu’on a toujours l’impression que l’on devrait être en train de travailler dessus. Il faut donc faire l’effort cognitif de dire : non, aujourd’hui (ou cette semaine) j’ai travaillé du mieux que j’ai pu, maintenant j’ai le droit à du repos bien mérité. C’est le soir (ou la fin de semaine) et je donne du repos à mon cerveau et je m’occupe de ma famille. On travaille sur des projets si intellectuellement stimulants que ça peut être très tentant de toujours y penser.
Tout ça pour dire que je ne pense pas faire de la recherche plus tard : ma maîtrise aura été (lorsqu’elle sera finie) en soi une expérience très positive qui m’aura appris à me concentrer sur un projet pendant plus de 2 ans. Mais je me rends compte que je ne ferais pas ça toute ma vie. Par contre, l’enseignement…j’en mange !
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