GGI : machine libérale contre machine étudiante

Dans la grève générale actuelle il y a deux machines très efficaces en jeu.

La première, la machine libérale, qui martèle le même message : que les étudiants doivent payer leur « juste part » pour leurs frais de scolarité.

La seconde, la machine étudiante, qui martèle son message : les étudiants n’ont pas les moyens de payer.

C’est une guerre médiatique qu’ils essaient de gagner en étant le plus visible possible.
Cependant, la machine étudiante (la CLASSE et l’association étudiante qui a initié le mouvement, l’ASSÉ) a fait deux choses très importantes à Tout le monde en parle dimanche dernier :
1. Elle a réellement investi l’espace public de débat
2. Elle a identifié très clairement son porte-parole

C’est que l’ASSÉ a appris de ses erreurs. Elle répète ce qui a fonctionné en 2005 tout en évitant les embûches dans lesquelles elle est tombée. Lors de la dernière grève générale illimitée, l’ASSÉ avait aussi démarré le mouvement, tout à fait similairement à cette année. Cependant, la FEUQ et la FECQ s’étaient réappropriées le mouvement, en tassant du revers de la main le représentant de la CASSÉE, Xavier Lafrance (si ma mémoire est bonne). Ceux-ci étant plus modérés que l’ASSÉ (qui est reconnue pour être assez militante), ils avaient négocié avec le gouvernement (alors que la devise, en tout cas à l’époque, de l’ASSÉ était : « négocier, c’est se faire f**rrer ») et étaient arrivés à un compromis qui ne faisait pas du tout l’affaire de l’ASSÉ. Rendu là, il était trop tard, la bulle du mouvement avait dégonflé.

En plaçant clairement Gabriel Nadeau-Dubois comme représentant du mouvement étudiant élargi dans la tête des Québécois, le gouvernement devra faire un bon nombre de pirouettes s’ils veulent l’éviter. Et s’ils en arrivent à vouloir négocier avec lui, l’ASSÉ a l’habitude d’être beaucoup moins gentille que la FECQ et la FEUQ…

Je n’apprécie pas tant le personnage qu’est Mathieu Bock-Côté, mais il avait raison sur un point : Gabriel aurait dû condamner les actions illégales qui ont été entreprises par des initiatives personnelles d’étudiants. Cela aurait éloigné l’image de l’association militante qui veut « gagner » et faire entendre son point de vue à tout prix.
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À l’Université de Sherbrooke :
- la Faculté de médecine a voté pour la grève le 22 mars !
- le Département de Physique tombera vraisemblablement en grève générale jeudi le 1er mars prochain
- la Faculté des lettres et sciences humaines votera demain pour la grève générale

  • Marilou

    Bonjour,

    je voulais juste apporter un point qui pourrait expliquer pourquoi les actions n’ont pas été dénoncées.
    En début de mai passé, il y a eu le rassemblement national étudiant. Une longue rencontre d’associations étudiantes provenant de partout et de n’importe quelle bannière. Trois points importants sont ressortis de cette rencontre à savoir que 1-On ne négociait pas avec le gouvernement si toutes les associations nationales n’étaient pas conviées, 2- On n’obligeait pas les associations locales à approuver l’offre du gouvernement, c’est à elles de décider et le plus important pour ce commentaire 3- On ne dénonce pas les actions prises par les autres associations qu’elles soient locales ou nationales.
    Donc, Gabriel Nadeau-Dubois, puisqu’il doit suivre les directives de son association étudiante dans ses discours (il ne parle vraiment pas juste en son nom), ne peut pas dénoncer les actions qui sont prises. Il peut dire que la CLASSE privilégie des actions passives et qu’il ne sait pas qui a fait ces actions, mais il ne peut pas les dénoncer.

    • http://olivierlafleur.com olafleur

      Merci pour la précision !