GGI : Moment crucial
Aujourd’hui est un moment crucial pour la grève étudiante. L’offre de RPR (remboursement proportionnel au revenu) proposé par la ministre Beauchamp entraînera un des deux scénarios suivants :
1. Le mouvement étudiant s’essoufflera, en réponse à cette proposition.
2. Le mouvement étudiant s’enflammera (ou restera aussi fort).
Si on compare à 2005, on se retrouve presque exactement (en terme de nombre de semaines) au point où les grèves s’étaient arrêtées. À l’hiver 2005, c’est exactement le scénario 1 qui s’était produit. La FECQ et la FEUQ avaient recommandés à leurs étudiants de retourner en classe suite à cette offre. Par ailleurs, chose intéressante à mentionner, un RPR avait été annoncé en janvier 2005 et a été annulé, finalement, deux mois plus tard.
Les étudiants se souviennent. Je suis prêt à parier que cette offre n’aura pas l’effet que le gouvernement s’attend qu’elle ait.
Quelles sont les autres actions possibles du gouvernement si le mouvement ne s’essouffle pas ? Il y a 4 scénarios envisageables :
1. Le gouvernement fait une autre annonce-bonbon (bonification de l’AFE, étalement de l’augmentation des frais sur 10 ans plutôt que 5 ans, etc.) pour diminuer la grogne et espérer que le mouvement arrête.
2. Le gouvernement s’assoit à une table de négociations avec les étudiants.
3. Le gouvernement décrète le gel des frais.
4. Le gouvernement annule une session d’un Cégep en grève depuis le mois de février (Vieux-Montréal, par exemple, en grève depuis le 16 février).
Le scénario 3 ne semble pour l’instant pas proche d’arriver.
Le scénario 1 est probablement ce qui va arriver la semaine prochaine, si le mouvement ne s’essouffle pas. Le scénario 2 est probablement ce qui se produit si les étudiants donnent aussi une fin de non-recevoir à une autre offre.
Pour ce qui est du scénario d’annuler une session de cours, le gouvernement (à ce que je sache) n’a pas le pouvoir d’annuler une session, mais il peut probablement mettre de la pression sur une direction d’établissement pour que ça se fasse. Le mouvement étudiant continue à être en grève sous l’hypothèse que ce n’est jamais arrivé qu’une session soit annulée. Si le gouvernement passait à l’acte, tout le monde se retrouverait en territoire inconnu (conséquences économiques, juridiques, etc.)
À chaque fois qu’une grève générale illimitée se déclenche, les gens parlent toujours de la possibilité qu’une session soit annulée, mais les étudiants (jusqu’à présent, du moins) retournent toujours en classe avant le moment critique. C’est comme s’ils appuyaient sur le bouton STOP juste avant l’explosion.
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